Des jeunes qui en parlent !
Antoine, 14 ans
Sympa, s’exprime avec aisance mais passe pour hyper-remuant.
- « Au lycée, cela a été cool deux ans. Puis, je ne sais pas pourquoi, le courant n’est plus du tout passé entre mes condisciples et moi. Je les trouvais sans intérêt, et vice-versa. Cinq échecs à Noël. Un matin, j’ai décidé d’aller plutôt...à la mer ».
Un psy a conseillé le SAS (Service d'Accrochage Scolaire)
- « Génial, même si je suis le plus jeune ».
Le passé ?
- « Je n’ai jamais digéré le divorce de mes parents, il y a sept ans ».
L’avenir proche ?
- « Mon père exige pour moi un internat, ma mère est plus souple... »
Après ?
- « Gagner de l’argent. J’ai une peur terrible de la dèche. Cela m’obsède terriblement »
Ce garçon finaud, ouvert, ne vient pourtant pas d’un milieu pauvre, à lourdes privations. On l’avait même changé d’école en 2e primaire « parce qu’il y avait trop de baraquis qui mangeaient des frites à tous les repas ! »
Marc, 16 ans
Look punk ou gothique.
- « J’ai raté trois fois ma première année d’humanités dans un gros collège catholique Je suis passé ailleurs, en technique. J’ai réussi un an, et puis, tout à coup, j’en ai eu marre. Je me suis arrêté devant la porte de l’école et j’ai téléphoné à mon père pour lui dire que je ne la franchirai plus. Je cherche toujours pourquoi. Le médecin de famille a conseillé de voir un psychiatre et finalement je suis arrivé au SAS il y a un mois »
Parmi les activités collectives d’expression, il y a, depuis plusieurs années, toute la réalisation d’un CD. Hier, Marc, avec sa mèche sur un oeil, ses anneaux et ses noirceurs, tempérées par de la gouaille, n’était pas le dernier au studio pour l’enregistrement rap. En septembre, il tentera une autre option dans une autre école technique.
Enver, 15 ans
D’abord un peu bloqué, puis se confie.
- « Je ne foutais plus rien, je m’emmerdais, je n’aimais pas les méthodes des profs qui donc ne m’aimaient pas. Je ne brossais pas tellement mais j’avais de gros retards volontaires qui revenaient au même... Comme je n’avais pas été chercher mon bulletin, je n’arrivais pas à m’inscrire ailleurs. Cela s’est encore compliqué à la fin des vacances : j’ai reçu une lettre me disant que je devais me considérer comme exclu. Et puis, tout était plein, complet...J’ai glandé des mois. J’ai retrouvé le moral au SAS ; c’est mieux d’avoir quelque chose à faire de ses journées. J’ai une école en vue, pour la rentrée. Je veux vous ajouter que je n’ai jamais eu de problèmes familiaux »
Semira, 16 ans
Habite une commune bruxelloise dite « riche ».
Elle assume sa masculinité, elle s’exprime de manière cassante. Elle n’a jamais décroché ; on l’a décrochée, et pas un peu : trois renvois en primaires et deux en humanités ! « Bagarres, sales comportements »commente-t-elle, laconique, avant d’ajouter - « Quand on me cherche, on me trouve ! ».
Depuis six mois au SAS, conseillé par le SAJ. Plus de bagarres ? « Non, ou un peu au début mais ceux qui me cherchaient sont partis ». Un éducateur la dit « assez facile à gérer ».
Elle n’a pas de sixième école en tête « mais cela ne sera plus à Bruxelles en tout cas »
Maman décédée, deux frères et une sœur sans problèmes scolaires. Un métier en tête ? La restauration.





